Inventaires terrain : le protocole POPReptile kesako ?
Le protocole POPReptile est un programme national de suivi des reptiles créé par la Société Herpétologique de France (SHF), dans le cadre du dispositif de surveillance de la biodiversité porté par l’Office Français de la Biodiversité (OFB). Il repose sur un protocole standardisé permettant de suivre les populations de reptiles et d’évaluer leurs tendances d’évolution afin d’orienter les politiques de conservation. Concrètement, il s’agit de réaliser des inventaires répétés sur des sites prédéfinis afin de détecter les espèces présentes et de mesurer leur abondance au fil du temps.
Pour ce faire, il faudra au minimum 3 transects par aire (par exemple sur une commune), avec 6 passages par an (sur 3 années dans l’idéal), de mars à juin, en respectant un intervalle minimum de 4 jours entre deux passages. Un transect est défini comme un parcours linéaire compris entre 60 et 150 m, positionné en fonction des habitats les plus favorables aux reptiles, notamment les lisières.


Des plaques, comme des tapis de carrière, pourront être posées (4 si possible, espacées de 20 à 50 mètres). Elles mesureront environ 1m par 80cm, seront exposées plein sud (face au soleil) et légèrement surélevées à l’aide de morceaux de bois (ou autre) afin de faciliter la circulation des reptiles. Les passages de prospection se feront dans des conditions météorologiques adaptées (ni trop chaudes ni trop humides), à une allure d’environ 20 m/min. Le trajet d’aller se fera par détection visuelle et celui du retour s’effectuera à l’identique en soulevant délicatement les plaques présentes en complément.
La mise en place de ce protocole répond à un enjeu majeur : le manque de connaissances sur les reptiles, qui sont des espèces discrètes et difficiles à observer (d’où l’intérêt des plaques) et leur déclin s’expliquant notamment par l’artificialisation des espaces, l’agriculture intensive, les émissions de polluants et indirectement le changement climatique. Le suivi des reptiles est donc essentiel car ces espèces participent au bon fonctionnement des écosystèmes (régulation des populations, équilibre écologique). Leur disparition pourrait entraîner des déséquilibres importants.
En Sarthe, on compte 12 espèces, toutes strictement protĂ©gĂ©es, parmi lesquelles ; le LĂ©zard vert, LĂ©zard des murailles, l’Orvet fragile, la Couleuvre helvĂ©tique, la Couleuvre vipĂ©rine (vulnĂ©rable), la Coronelle lisse, la Couleuvre d’esculape, la Vipère aspic (en danger d’extinction). Espèces plus rares mais pouvant ĂŞtre observĂ©es : le LĂ©zard des souches (danger critique d’extinction), le LĂ©zard vivipare, la Vipère pĂ©liade (danger critique d’extinction) et la Cistude d’Europe.
Dans le cadre des actions menées par le CPIE Vallées de la Sarthe et du Loir, le protocole POPReptile est mobilisé notamment au sein des Atlas de la Biodiversité Communale (ABC) du territoire du Pays du Mans. Des prospections avec plaques sont prévues tout au long de la saison 2026, sur les communes de Laigné-Saint-Gervais, Saint-Ouen-en-Belin, Teloché et Val-de-la-Hune, afin d’améliorer les connaissances sur le territoire et de proposer, par la suite, des stratégies de gestion et de conservation.
Léo GAILLARD
Stagiaire au CPIEÂ