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Le Lérot, un voisin dicret

Lorsque la nuit tombe, un petit mammifère aux grands yeux noirs s’Ă©veille discrètement dans nos jardins, nos vergers ou parfois mĂŞme nos greniers. Son nom ? Le LĂ©rot (Eliomys quercinus). Pourtant, malgrĂ© son apparence attachante et son rĂ´le dans les Ă©cosystèmes, il souffre souvent d’une mauvaise rĂ©putation.

Reconnaissable Ă  son masque noir autour des yeux et Ă  sa queue terminĂ©e par un pinceau de poils blancs et noirs, le lĂ©rot mesure entre 10 et 17 centimètres, auxquels s’ajoutent une dizaine de centimètres de queue. Principalement nocturne, il passe ses journĂ©es Ă  l’abri dans des cavitĂ©s d’arbres, des haies Ă©paisses, des vieux murs ou des bâtiments peu frĂ©quentĂ©s.

Le Lérot est un petit rongeur présent dans nos bois, forêts de résineux et de feuillus mais aussi vergers et jardins avec des arbres fruitiers où il trouve sa ressource alimentaire. Très discret, il est peu connu dans la région et les données de répartition lacunaires ne permettent pas d’évaluer les populations.

CĂ´tĂ© alimentation, le LĂ©rot est un vĂ©ritable opportuniste. Omnivore, il consomme aussi bien des fruits, des baies et des graines que des insectes, des escargots ou de petits vertĂ©brĂ©s. Cette alimentation variĂ©e lui permet de s’adapter Ă  de nombreux milieux et contribue Ă  la rĂ©gulation naturelle de certaines populations d’insectes et Ă  la dispersion des graines.

Mais alors, pourquoi est-il parfois mal aimĂ© ? Principalement parce qu’il peut occasionnellement s’installer dans les greniers, l’isolation des maisons, les dĂ©pendances ou les cabanes de jardin. Ses dĂ©placements nocturnes et ses grignotages peuvent alors provoquer quelques nuisances sonores ou matĂ©rielles. Pourtant, ces situations restent limitĂ©es et ne doivent pas faire oublier son rĂ´le Ă©cologique. Le LĂ©rot est avant tout une espèce sauvage qui cherche simplement un refuge adaptĂ© Ă  ses besoins.

La pĂ©riode de reproduction s’Ă©tend gĂ©nĂ©ralement du printemps Ă  l’Ă©tĂ©. Après une gestation d’environ trois semaines, la femelle donne naissance Ă  une portĂ©e de 4 à 5 petits. Les jeunes deviennent autonomes après quelques semaines et devront rapidement constituer leurs rĂ©serves avant l’arrivĂ©e de l’hiver.

Car le LĂ©rot possède une particularitĂ© remarquable : il hiberne. Dès l’automne, il accumule des rĂ©serves de graisse puis entre dans une longue pĂ©riode de sommeil qui peut durer jusqu’Ă  six ou sept mois selon les conditions climatiques. Cette stratĂ©gie lui permet de traverser la saison froide lorsque la nourriture se fait rare.

Aujourd’hui, le LĂ©rot fait face Ă  plusieurs menaces : disparition des haies, modernisation des bâtiments ruraux, rarĂ©faction des vergers traditionnels et fragmentation des habitats. PrĂ©server des espaces naturels diversifiĂ©s, installer des nichoirs ou conserver des zones refuges dans les jardins sont autant de gestes qui peuvent favoriser sa prĂ©sence.

Discret, utile et fascinant, le Lérot mérite sans doute davantage de sympathie que sa réputation ne le laisse penser. Derrière son masque de petit bandit se cache en réalité un précieux allié de la biodiversité.

Juliette Achallé
Chargée de missions