CPIE 72

Le réveil des insectes !

De l’hibernation à l’exaltation

Pour certains, ce sera la première hirondelle arrivĂ©e d’Afrique qui annoncera le printemps. Pour d’autres, ce sera le premier papillon. C’est toujours avec joie, et pour certains avec un peu de mĂ©lancolie, de voir pour la première fois de l’annĂ©e un papillon tout juste sortie de lĂ©thargie, passer devant nous, allant chercher une placette ensoleillĂ©e pour se rĂ©chauffer. Quel plaisir aussi de voir sur un mur ou un tronc au soleil, une coccinelle fraĂ®chement sortie de sa torpeur hivernale. Certains signes ne trompent pas, le sempiternel rĂ©veil des insectes annonce encore une fois cette annĂ©e, l’arrivĂ©e du printemps ! Les premiers insectes Ă  montrer le bout de leurs antennes sont principalement ceux ayant passĂ©s l’hiver Ă  l’état adulte (appelĂ©s imago). PrĂŞts Ă  se reproduire, ils s’activent dĂ©jĂ  alors que ceux ayant hibernĂ©s sous forme de larves ou de nymphes, reprennent leur croissance afin d’émerger au cours du printemps ou de l’étĂ©.

Qui va lĂ  ?!

Le moindre espace vert proche de nous est peuplĂ© d’insectes que l’on peut observer dès les premiers rayons de soleil printanier. Un petit monde invisible s’active sous nos yeux si on y prĂŞte attention. Parmi ces premiers insectes Ă  sortir, peut-ĂŞtre avez-vous dĂ©jĂ  pu observer ceux dĂ©crits ci-dessous ?

La Coccinelle Ă  sept points (Coccinella septempunctata)

La Coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata), un ColĂ©optère aphidiphage (se nourrissant de Pucerons), faisant de lui un allier prĂ©cieux du jardinier. Selon une lĂ©gende du Moyen-Ă‚ge, elle est aussi surnommĂ©e “la bĂŞte Ă  bon Dieu”.

La Lucilie (Lucilia sp.)

La Lucilie (Lucilia sp.), un Diptère pollinisateur d’un grand nombre d’espèces florales. Son nom est un dérivé du latin Lux, qui signifie lumière. Certaines espèces de Lucilie sont utiles à la science grâce à l’entomologie forensique (ou entomologie médico-légale). En effet, le stade de développement des larves permet la datation d’un meurtre sur une scène de crime.

La Punaise nébuleuse (Raphigaster nebulosa)

La Punaise nébuleuse (Raphigaster nebulosa), un Hémiptère proche de l’Homme. Elle hiberne dans le lierre, sous les écorces, dans les fissures de mur et parfois même dans les maisons. Ses nombreuses tâches brunes caractéristiques sur la membrane des ailes, lui ont valu son qualificatif de nébuleuse. Elle est souvent confondue avec une espèce invasive, la Punaise diabolique (Halyomorpha halys).

Le Gendarme (Pyrrhocoris apterus)

Le Gendarme (Pyrrhocoris apterus), un HĂ©miptère commun dans les espaces ruraux et urbains. Cette Punaise est omivore. Elle se nourrit de fructifications de MalvacĂ©es et de tilleuls mais peut occasionnellement se nourrir de Pucerons. Les dessins sur ces ailes Ă©voquent un masque africain. Son nom vient de ses couleurs et motifs qui rappellent les habits rouges et noirs des gendarmes Ă  partir de la fin du XVII siècle. C’est pour les mĂŞmes raisons que le Gendarme est Ă©galement appelĂ© Soldat ou Suisse.

Le Xylocope (Xylocopa sp.)

Le Xylocope (Xylocopa sp.), un HymĂ©noptère facilement reconnaissable avec son aspect trapu et son vol bruyant. Après la diapause hivernale, les adultes Ă©mergent dès la fin de l’hiver, ce qui fait de cette espèce une des premières abeilles solitaires Ă  devenir active au printemps. Il porte aussi le nom d’abeille charpentière car, bien qu’il ne soit pas xylophage, ses robustes mandibules lui permettent de construire son nid dans du bois.

Le Bourdon (Bombus sp.)

Le Bourdon (Bombus sp.), un HymĂ©noptère, premier occupant des fleurs printanières. Son nom est probablement d’origine onomatopique, faisant rĂ©fĂ©rence au son grave de son vol (le bourdonnement) et rapprochĂ© du bourdon en musique (note grave, tenue en continue en guise de basse, par un instrument, ou voix grave dans un chĹ“ur).

Le Citron (Gonepteryx rhamni)

 

Le Citron (Gonepteryx rhamni), un LĂ©pidoptère hivernant Ă  l’Ă©tat d’adulte. Il vole Ă  nouveau dès les premiers jours de soleil. C’est le papillon qui dĂ©tient le record de longĂ©vitĂ© Ă  l’Ă©tat adulte. En effet, il peut survivre jusqu’Ă  douze mois, avec une longue pĂ©riode d’hivernation oĂą il se cache prĂ©fĂ©rentiellement en groupe dans le feuillage des lierres, des houx, des ronciers ou d’arbustes sempervirents des bois, voire dans des creux d’arbres, les anfractuositĂ©s d’une pierre, sous une Ă©corce ou dans un grenier. DotĂ©s d’un sommeil lĂ©ger, les papillons hivernants volent parfois en hiver et sont parmi les premiers Ă  apparaĂ®tre en fĂ©vrier, butinant les rares fleurs dĂ©jĂ  Ă©closes, notamment celles des pissenlits.
Constant Emery
ChargĂ© d’Ă©tudes au CPIE

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