CPIE 72

Retour de terrain sur les Chauves-souris

Retour de terrain sur les inventaires Chauves-souris dans le cadre de l’Atlas de la biodiversité communautaire du Pays fléchois

Cette fois-ci nous nous intéressons aux demoiselles de la nuit. C’est parti!

Tout d’abord, petite présentation du déroulé des sorties de terrain! Les inventaires ont eu lieu au mois de juin, période durant laquelle les femelles donnent naissance et élèvent les jeunes au sein de colonies de mise bas. Ils ont été réalisés dans des conditions météorologiques favorables, c’est-à-dire sans précipitations et vents importants. De plus, ils ont débuté trente minutes avant le coucher du soleil puisque certaines espèces sortent du gîte plus tôt que d’autres.

Lorsque ces mammifères s’activent la nuit, la rapidité de leur vol et l’obscurité rendent l’observation à vue d’œil fastidieuse. Cependant, la Chauve-souris se déplace et chasse grâce à l’écholocation : elle émet des ultrasons ou sonars qui lui sont renvoyés à la rencontre d’obstacles ou de proies et l’informe donc de leur distance et de leur position.

Les chiroptérologues du CPIE utilisent alors une méthode d’écoute active à l’aide de matériels percevant ces ultrasons. Elle consiste à effectuer un total de 6 minutes d’écoute sur un transect (dispositif d’observation de terrain le long d’un tracé linéaire). Les sons émis sont en parallèles enregistrés pour pouvoir, par la suite, les analyser sur un logiciel spécialisé. En général, cette technique de prospection permet d’identifier sur place la plupart des individus rencontrés. Pour chaque commune, différents milieux ont été inventoriés: bourg (école, mairie, église), périphérie de bourg sur terrain de chasse et/ou corridors et enfin milieu spécifique.

La totalité des espèces inventoriées font partie de la famille des Vespertilionidés, dont les traits peuvent rappeler ceux d’une souris. Plus petite espèce d’Europe, la Pipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus) représente la majorité des contacts. C’est une espèce anthropophile très opportuniste que l’on retrouve pratiquement partout, que ce soit dans les villes et villages mais aussi dans les jardins, parcs, bois ou encore forêts.

Source : Wikipedia 

Une autre pipistrelle, la Pipistrelle de Kuhl (Pipistrellus kuhlii), a été contactée fréquemment même si le nombre de contacts est assez moindre. Assez commune dans la région, elle aime chasser dans des espaces ouverts ou boisés, des zones humides ou à proximité d’éclairages qui attirent les insectes. D’autres espèces ont pu également être détectées comme le Grand murin (Myotis myotis) qui est la plus grande espèce cavernicole de Vespertilionidé, ou encore la Noctule commune (Nyctalus noctula) qui est plutôt commune en Sarthe mais actuellement rare dans une importante partie de la France. Il y a également la Noctule de Leisler qui la plus petite des Noctules de France, peu commune ou localement commune en Sarthe, la Sérotine commune (Eptesicus serotinus) ou encore le Murin à oreilles échancrées (Myotis emarginatus) qui détient le record de durée d’hibernation en Europe.

En général, les chauves-souris ont une préférence pour les milieux forestiers. Les arbres procurent une multitude d’abris grandement appréciés de ces animaux nocturnes (fentes, cavités, écorces, etc.) et les proies y sont abondantes. Auparavant, beaucoup d’espèces occupaient les milieux arboricoles. Mais le déclin de ces habitats a entraîné un déplacement de ces animaux vers des milieux plus anthropisés comme les bourgs. Bien exposées au soleil, les infrastructures offrent des gîtes chauds et spacieux en été. Aujourd’hui, de nombreuses espèces sont devenues dépendantes de ces niches écologiques, ce qui n’est pas sans conséquence.

En effet, qu’elles soient communes ou plus rares, les chauves-souris subissent malheureusement de nombreuses pressions anthropiques qui fragilisent la stabilité des populations. Nous pouvons notamment citer la transformation voire la perte de milieux favorables (que ce soit gîtes ou lieux de chasse) par les aménagements de l’Homme. Elles sont également victimes des expositions chimiques (pesticides ou traitement des charpentes) et des projets éoliens. De plus, il arrive qu’elles soient dérangées mais aussi détruites lors de l’hibernation, période durant laquelle elles sont vulnérables.

Les Chauves-souris ont encore bien souvent une mauvaise réputation alors qu’elles ont un rôle écologique non négligeable. Ce sont des insecticides naturels qui vont réguler les populations d’insectes et parasites pas toujours appréciés de l’Homme. Ces petits mammifères sont d’autant plus importants qu’ils apportent par exemple de nouvelles pistes de recherches dans la lutte contre les cancers et le vieillissement.

Il est important de préserver ces mammifères et donc leurs habitats, notamment par une diminution de la pollution lumineuse et des produits phytosanitaires ou encore par la conservation des bâtiments accueillant des colonies (combles de maisons, granges, etc.), des terrains de chasse (haies, vergers, prairies de pâture, rivières bordées d’arbres, etc) ou des spots d’alimentation en eau (lavoirs, étangs, etc.). Par ailleurs, plusieurs espèces rencontrées sur le terrain sont aujourd’hui des espèces prioritaires dans le Plan National d’Action et bénéficient donc d’actions de conservation dans ce cadre: la Noctule commune, la Noctule de Leisler, la Pipistrelle commune et la Sérotine commune.

Pour en savoir plus sur l’Atlas Atlas de la biodiversité communautaire du Pays fléchois et ses suivis scientifiques mais aussi les animations proposées tout au long de l’année pour découvrir les espèces rendez-vous sur : https://cpie72.fr/abc/  .

Et pour lire d’autres articles sur nos inventaires naturalistes, parcourez notre blog. 

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