CPIE 72

Tout savoir sur les amphibiens !

Chaque année, entre février et mars, crapauds, grenouilles, tritons et salamandres quittent les forêts et bois où ils ont trouvé refuge pour passer l’hiver, pour rejoindre les zones humides afin de s’y reproduire : c’est la période de la migration. Il n’est donc pas rare de pouvoir les observer à cette période, notamment à la nuit tombée, lors des journées pluvieuses.

En Sarthe, vous pourrez découvrir pas moins d’une dizaine d’espèces d’amphibiens, que nous pouvons classer dans deux grandes catégories : les anoures (les amphibiens qui n’ont pas de queue) et les urodèles (les amphibiens possédant une queue. Nous vous invitons à découvrir ces espèces plus en détail grâce à notre article blog et essayer d’observer les amphibiens près de chez vous avec iNaturalist, afin d’aider nos équipes à recenser ces espèces dans le cadre de l’Atlas de la Biodiversité du Pays du Mans !

Pour cela, rien de plus simple ! Il vous suffit d’utiliser l’application iNaturalist (disponible sur smartphone dans le playstore ou ordinateur) pour créer un compte gratuitement avec votre adresse e-mail et un mot de passe. Toutes les observations d’espèces de faune et de flore que vous ferez sur les territoires des communes de Val-de-la-Hune, Saint-Ouen-en-Belin, Teloché et Laigné-Saint-Gervais seront automatiquement intégrées à l’Atlas de la Biodiversité. Elles seront ensuite validées par les écologues du CPIE.

Pour vous aider à réaliser des observations d’amphibiens, nous vous conseillons fortement de télécharger le guide d’observation pdf disponible ci-dessous. Des précautions sont à prendre pour ces espèces protégées et sensibles !

Guide d'observation des Amphibiens

 

Présentation des Anoures présents en Sarthe :

 

Le Crapaud épineux (Bufo spinosus)

Longtemps considéré comme une simple variante du crapaud commun (Bufo bufo), le crapaud épineux est aujourd’hui reconnu comme une espèce à part entière. Il se caractérise par un corps très trapu et massif, recouvert de nombreuses pustules bien marquées, à l’origine de son nom. Les femelles, nettement plus grandes et plus robustes que les mâles, présentent une peau souvent plus verruqueuse. Les glandes parotoïdes, situées derrière les yeux, sont volumineuses et inclinées vers l’arrière ; elles sécrètent une substance toxique servant de moyen de défense contre les prédateurs. Contrairement à une idée reçue tenace, le contact avec sa peau ne provoque aucune irritation ni verrue chez l’être humain

 

 

 

 

 

 

Le Crapaud calamite (Epidalea calamita)

Plus petit et plus élancé que le crapaud commun, le crapaud calamite se reconnaît facilement à la fine ligne jaune clair qui parcourt son dos. Sa peau est verruqueuse mais plus lisse et moins massive que celle des autres crapauds. Il affectionne les milieux ouverts et sableux (zones alluviales, carrières, dunes, chemins), et se déplace souvent en trottinant, plutôt qu’en sautant. Espèce discrète mais sonore, le mâle émet un chant puissant et prolongé, audible à grande distance lors de la période de reproduction.

 

 

 

 

 

 

La Rainette verte ou Rainette arboricole (Hyla arborea)

La rainette verte est une petite grenouille arboricole facilement reconnaissable à sa couleur vert vif, parfois ponctuée de nuances jaunâtres. Une ligne sombre part du museau et longe les flancs jusqu’à l’arrière du corps. Dotée de pelotes adhésives au bout des doigts, elle est parfaitement adaptée à la vie dans la végétation, où elle grimpe avec agilité. Très discrète en dehors de la reproduction, elle se signale surtout au printemps par son chant clair et répétitif, typique des soirées humides.

 

 

 

 

 

 

La Grenouille agile (Rana dalmatina)

La grenouille agile est une espèce élancée, reconnaissable à son long museau pointu et à ses pattes arrière très développées, qui lui permettent d’effectuer de longs bonds. Sa coloration varie du beige rosé au brun clair, avec une peau lisse et une allure plus fine que celle de la grenouille rousse. Espèce plutôt bocagère, elle fréquente les bois et lisières humides, rejoignant les mares uniquement pour la reproduction, souvent très précoce en fin d’hiver.

 

 

 

 

 

 

 

La Grenouille rousse (Rana temporaria) ou la Grenouille verte (Pelophylax sp.)

La grenouille rousse possède un corps trapu, une peau lisse à légèrement granuleuse, et une coloration très variable allant du brun clair au brun foncé. Elle fréquente majoritairement les points d’eau forestiers, qu’ils soient permanents ou temporaires. Les grenouilles vertes, quant à elles, regroupent plusieurs espèces ou hybrides du genre Pelophylax. Elles sont généralement plus grandes, de couleur vert vif à vert brun, souvent marquées de taches sombres, et restent étroitement liées aux milieux aquatiques. Leur chant puissant et répétitif est typique des mares, étangs et fossés en été.

 

 

 

 

Le Sonneur à ventre jaune (Bombina variegata)

Le sonneur à ventre jaune est un petit amphibien trapu, facilement reconnaissable à son ventre noir orné de taches jaune vif, véritable signal d’alerte pour les prédateurs. Son dos, brun-gris et verruqueux, lui assure un excellent camouflage dans son environnement. Espèce discrète et rare, il fréquente principalement les mares temporaires, ornières forestières et zones humides peu profondes. Lorsqu’il se sent menacé, il adopte une posture caractéristique appelée réflexe d’unken, exposant son ventre coloré. En Sarthe, sa présence est localisée et strictement protégée, ce qui en fait une espèce patrimoniale majeure.

 

 

 

 

Le Pélodyte ponctué (Pelodytes punctatus)

Le pélodyte ponctué est un petit crapaud très discret, dont la présence est souvent trahie par son chant, s’identifiant à l’entrechoquement de deux boules de pétanque. La coloration du Pélodyte ponctué est beige, avec des taches vert émeraude. On le croise souvent hors de l’eau, dans des milieux aux sols superficiels, sableux, rocailleux.

 

 

 

 

 

 

 

L’Alyte accoucheur (Alytes obstetricans)

Le crapaud accoucheur, ou alyte accoucheur, est une espèce de crapaud à la coloration beige à gris clair. Il fréquente majoritairement les milieux dont le substrat est meuble (sableux) ou avec de la présence de pierres pour s’y abriter. La particularité de ce crapaud est que le mâle transporte les œufs enroulés autour de ses pattes arrière pendant plusieurs semaines, jusqu’à l’éclosion.

 

 

 

 

 

 

 

Le saviez-vous ?

 

Le printemps arrivant, les crapauds commencent leur migration prénuptiale. La nuit tombée, ils quittent leurs forêts et jardins où ils vivent le reste de l’année, en direction des mares, étangs et autres milieux aquatiques et humides pour se reproduire. Cette période de reproduction aura lieu à partir du mois de février et continuera jusqu’au mois d’avril. Il est possible de croiser, pendant cette période, des amplexus. L’amplexus est le nom donné à la technique d’accouplement de la plupart des amphibiens, le mâle monte sur le dos de la femelle et s’accroche à elle avec ses pattes jusqu’au lieu de ponte des œufs afin de pouvoir la féconder immédiatement. Chaque femelle peut produire 5000 à 7000 œufs attachés les uns aux autres en un cordon.

 

 

Présentation des Urodèles présents en Sarthe :

 

Le Triton palmé (Lissotriton helveticus)

Le triton palmé est un petit urodèle élancé, de coloration brunâtre à olive, souvent ponctuée de fines taches sombres. Son ventre est clair, sans taches marquées. En période de reproduction, le mâle développe une palmure noire bien visible entre les doigts des pattes arrière, caractéristique qui a donné son nom à l’espèce. Espèce assez commune, il fréquente une grande diversité de mares, fossés et points d’eau calmes, souvent dans des milieux forestiers ou bocagers.

 

 

 

 

 

 

Le Triton ponctué (Lissotriton vulgaris)

Le triton ponctué présente un corps fin et une peau lisse, brun clair à grisâtre sur le dos. Son ventre est jaune à orangé, abondamment ponctué de taches noires. En période nuptiale, le mâle arbore une crête dorsale ondulée, bien visible, qui disparaît après la reproduction. Espèce rare et localisée en Sarthe, il affectionne les mares bien végétalisées, où il peut être observé au printemps.

 

 

 

 

 

 

Le Triton alpestre (Ichthyosaura alpestris)

Le triton alpestre est l’un des plus colorés de nos tritons. Son dos est gris bleuté à brun, tandis que son ventre est uniformément orange vif, sans taches. En période de reproduction, le mâle développe une crête basse et lisse, et sa livrée devient particulièrement contrastée. Bien que lié à l’origine aux régions montagneuses, il est présent en plaine dans certains secteurs, où il fréquente des eaux fraîches et bien oxygénées.

 

 

 

 

 

 

Le Triton crêté (Triturus cristatus)

Le triton crêté est le plus grand triton présent en France. Il possède un corps robuste, une peau sombre et granuleuse, allant du brun foncé au noir. Son ventre est jaune orangé vif, fortement ponctué de taches noires, ce qui le rend facilement identifiable. En période de reproduction, le mâle développe une haute crête dentelée, très marquée, qui s’étend de la tête jusqu’à la queue et disparaît après la saison nuptiale. La femelle, plus massive, présente une ligne jaune orangée sur la queue. Espèce exigeante, le triton crêté fréquente des mares de bonne qualité écologique, riches en végétation aquatique et pauvres en poissons. Sa présence est un excellent indicateur de milieux naturels bien préservés.

 

 

 

 

La Salamandre tachetée (Salamandra salamandra)

La salamandre tachetée est un amphibien robuste et facilement identifiable grâce à sa livrée noir brillant ponctuée de taches jaune vif, unique à chaque individu. Essentiellement terrestre, elle fréquente les forêts humides, les talus et les sous-bois, sortant principalement la nuit ou par temps pluvieux. Ses glandes cutanées sécrètent une substance toxique dissuasive, faisant de sa coloration contrastée un signal d’avertissement pour les prédateurs.

 

 

 

 

 

 

 

Le Triton marbré (Triturus marmoratus)

Le Triton marbré est un des plus grands Urodèles de la Sarthe. Il arbore une robe noire et verte, avec, lors de la période de reproduction, une crête ondulée pour le mâle. La femelle est plus massive et les couleurs sont plus ternes. Le ventre est sombre et ponctué de fins points blancs. Espèce particulièrement exigeante, elle fréquente les points d’eau stagnants souvent en contexte forestier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le saviez-vous ?

Beaucoup de mythes et légendes entourent la salamandre. Parfois perçue comme un animal mystique et sacré, parfois considérée comme une créature venue des enfers, elle a fasciné l’imaginaire humain depuis des siècles. Au Moyen-Âge, la salamandre était réputée pour ses pouvoirs magiques, notamment sa fameuse résistance au feu, qui a nourri son aura légendaire. Cette croyance trouve son origine dans une observation assez simple : les salamandres hibernent dans des tas de bois. Lorsque le tas de bois prend feu, l’animal essaye de s’échapper (logique !). Il n’était donc pas rare de voir sortir la salamandre d’un tas de bois commençant à s’enflammer. Elle a donc souvent été représentée à tort comme une dompteuse de feu, cette espèce a vu son histoire bouleversée face aux croyances humaines et aux utilisations qui lui ont été données.

 

 

Envie d’en savoir plus sur les amphibiens ? De découvrir nos actions de protection ? De protéger leur habitat et de favoriser leur accueil dans votre jardin ? N’hésitez pas à lire nos articles !

 

 

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